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Fléau vert: les plantes invasives qui changent le paysage belge

Elles sont belles, et souvent, on les installe en toute bonne foi, pensant même aider la biodiversité.

Et pourtant, les espèces exotiques envahissantes plus communément appelées espèces invasives, puisque ce sont d'elles qu'il s'agit, sont un véritable fléau pour la biodiversité. Intéressons-nous aux espèces végétales.

Ces plantes exotiques sont prolifiques, capables de croître dans des conditions très variées et avec une croissance hors norme. Grâce à ces atouts, elles prennent rapidement le pas sur les espèces indigènes, réduisant la diversité des plantes et nuisant, de cette manière, aux animaux qui en dépendent, en diminuant leur nourriture et leur habitat, perturbant durablement les écosystèmes.

Elles peuvent également provoquer irritations, blessures et allergies aux personnes et animaux.

Pour finir, la gestion et le contrôle des plantes invasives peuvent entraîner des coûts élevés, pour les collectivités, les agriculteurs, les forestiers, etc. Imaginez, les racines de la renouée du Japon, dont nous reparlerons plus loin, plongent jusqu'à 7m de profondeur, et un seul petit morceau égaré au sol donne, presqu'à coup sûr, une nouvelle plante. Ces mêmes racines produisent des toxines qui peuvent supprimer les végétaux environnants.

Arbre à papillons et lauriers

Nous disions, en début de cet article, que les plantes invasives sont souvent introduites en toute bonne foi. Par exemple, l'arbre à papillons, aussi connu sous le nom de Buddleja de David (Buddleja davidii), est souvent admiré pour les papillons qui le recouvrent. Or, le nectar est peu intéressant pour les butineurs, et sa récolte entraine davantage de perte d'énergie que de gain. De plus, aucune chenille ne peut s'y épanouir. Et enfin, cet arbuste se ressème extrêmement facilement et chaque plante peut produire jusqu'à 3 millions de graines, ce qui explique qu'on le voit de plus en plus, dans les friches, les chemins, les prairies! Cet arbuste est donc plus nocif que bénéfique.

Un autre exemple concerne les différents lauriers, très souvent utilisés en haie, pour leur feuillage dense et persistant. Cependant, ils se propagent rapidement via leurs baies avalées par les oiseaux et commencent à poser problème, notamment dans les bois, où ils prennent la place d'essences indigènes qui souffrent déjà du changement climatique (sécheresse notamment). Si vous songez à installer une nouvelle haie, le choix du charme ou du troène commun s'avère plus judicieux, parmi plus d’une dizaine d’espèces arbustives indigènes. Le charme conserve ses feuilles, bien que brunies, jusqu'à la fin de l'hiver. Le troène se pare de petites fleurs délicieusement parfumées et très mellifères, qui deviennent des baies appréciées des oiseaux et conserve ses feuilles toute l'année. De plus, ces 2 arbustes poussent rapidement et se taillent aisément.

Si la perte des feuilles ne vous pose pas de problème en hiver, voici quelques alternatives indigènes intéressantes: viorne obier, cornouiller mâle, érable champêtre, aulne glutineux, bouleau verruqueux, épine blanche.

Plantes invasives d'ornementPlantes indigènes alternatives
Ailante glanduleuxChêne, frêne
Renouée du JaponBarbe de bouc, cornouiller sanguin, sureaux noir et hièble, viorne obier 
Balsamine de l'HimalayaEpiloble hirsute, eupatoire chanvrine, salicaire commune 
Cerisier tardifMerisier, sorbier des oiseleurs 
Sumac de VirginieFusain d'Europe, viorne obier 
Cotoneaster horizontalBruyère commune, genêt velu, genévrier commun, repanda, lierre, petite pervenche 
Berce du CaucaseAngélique sauvage, reine-des-prés
Arbre à papillons

Viorne mancienne, origan

Et dans nos étangs?

Comme les plantes terrestres, certaines plantes aquatiques exotiques sont populaires pour l’ornementation des étangs et bassins privés en raison de leur apparence attrayante. Mais certaines d’entre elles peuvent également devenir invasives et poser des problèmes écologiques, parfois bien des années après leur introduction (délai de latence). Voici une liste de plantes souvent utilisées à des fins ornementales, aujourd’hui réputées invasives:

Plantes invasives d’ornementPlantes indigènes alternatives
Myriophylle du Brésil Myriophylle en épi 
JussiesFaux nénuphar, populage des marais 
ÉlodéesCallitriche des marais, cornifle immergé, myriophylle en épi, potamot luisant 
Hydrocotyle fausse-renoncule Dorines, écuelle d'eau, petit nénuphar, menthe aquatique, renoncule aquatique, trèfle d'eau 
Crassule de Helms Callitriche des marais, montie des fontaines 
Pesse d’eau Potamot pectiné 
Jacinthe d’eau et laitue d'eau

Faux nénuphar, petit nénuphar, potamot nageant 

Que faire?

Que peut-on faire pour aider dans la lutte contre les plantes invasives, qu'elles soient terrestres ou aquatiques? A titre individuel, plusieurs actions peuvent être entreprises:

  • Préventivement, informez-vous sur les plantes invasives et apprenez à les identifier.
  • Lors de l'aménagement de votre jardin, choisissez de planter uniquement des espèces indigènes.
  • Si vous trouvez des plantes invasives sur votre chemin, lors de promenades, après identification certaine, arrachez-les en extrayant un maximum de racines. Sauf dans le cas de la renouée du Japon, qui demande un traitement particulier. Attention, la juste identification est essentielle, certaines plantes contenant de la sève photosensibilisante susceptible de donner des brûlures au soleil (berce du Caucase, par exemple). Ces plantes doivent être retirées avec de grandes précautions et jamais sans protection.
  • Vous pouvez également participer à des actions de bénévolat pour l’arrachage des plantes invasives.
  • Chez vous, débarrassez-vous des déchets végétaux de manière appropriée pour éviter la propagation des plantes invasives. Evitez de jeter les fragments de plantes invasives dans la nature ou dans le compost.
  • Informez votre famille, vos amis, vos voisins sur les risques des plantes invasives et encouragez-les à adopter des pratiques responsables.
  • Bien entendu, il est important de signaler les plantes invasives rencontrées. C'est possible via la plateforme Observations.be: un portail d'encodage où vous pouvez signaler la présence d'espèces invasives.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site de la biodiversité en Wallonie.

En adoptant quelques gestes simples, nous pouvons tous contribuer à préserver la richesse de notre patrimoine naturel. N’oublions pas que la biodiversité est un trésor précieux, et qu’il est de notre responsabilité de la protéger pour les générations futures. Ensemble, faisons en sorte que notre environnement reste sain et diversifié!

Principales sources consultées: adalia.be, centredecrise.be, corder.be, crsambre.be, environnement.brussels.be, health.belgium.be, natagora.be, province.namur.be, wallonie.be, wikipedia, Copilot

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